Les défis du 1er trimestre 2026 sont nombreux : hausse du Gazole Non Routier (GNR), flambée des prix des engrais, tensions sur les approvisionnements, volatilité des cours… Ces bouleversements, liés aux conflits militaires et aux perturbations logistiques internationales, pèsent lourd, y compris sur les Chefs d’Exploitation Agricole.

Pour explorer le sujet, le site Perspectives Agricoles a tendu le micro à Accompagnement Stratégie dans une interview sur le thème des Coûts de Production, qui a toute sa pertinence en cette période. Car face à un contexte géopolitique et économique instable, la connaissance précise de ses coûts de production et de revient n’est plus une option, mais une nécessité stratégique.

Découvrez pourquoi et comment les exploitants agricoles peuvent s’appuyer sur ces indicateurs pour renforcer leur résilience. Un dossier alimenté par l’expertise d’Olivier Josselin, basé dans la Marne, Responsable Filières & Références pour AS ENTREPRISES et, Pilote du Groupe Economie & Environnement, du réseau Accompagnement Stratégie. L’Association de Gestion et de Comptabilité AS ENTREPRISES est un acteur dynamique dans la Marne, de l’expertise comptable, la gestion et le conseil aux entreprises de type TPE et PME, notamment dans les domaines de l’agriculture et de la viticulture. Avec environ 200 collaborateurs sur 9 antennes, les équipes accompagnent de nombreux Chefs d’Entreprise (exploitants agricoles, commerçants, artisans, professions libérales) ou organisations (Coopératives, Associations…) tous secteurs confondus.

Perspectives Agricoles est un magazine mensuel réalisé avec l’appui des instituts techniques de grandes cultures. Référence en matière d’agronomie et d’innovation, il s’adresse aux agriculteurs et agricultrices férus de technique et d’expérimentation.

1. Connaitre les outils de pilotage indispensables en période de crise

Le conseiller comptable peut clarifier, proposer des pistes d’optimisation et échanger régulièrement sur les coûts de production, les coûts de revient et le seuil de commercialisation .

« Le coût de revient est différent du coût de production car le chiffre d’affaires de l’exploitation n’est pas exclusivement lié à la vente de sa production. Pour obtenir le coût de revient, il faut retirer les aides (découplées et couplées) ainsi que les autres produits » explique Olivier Josselin.

A retenir :

  • Coût de production = Toutes les dépenses pour produire.
  • Coût de revient = Coût réel après retrait des aides.
  • Seuil de commercialisation = Prix minimum pour couvrir les dépenses urgentes.
  • EBE = Ce qui reste pour vivre et investir.

Être en connaissance de ces 3 indicateurs permet de :

  • Se comparer à des exploitations similaires et identifier ses marges de progression.
  • Prendre des décisions éclairées : choix des cultures, niveaux de rendement, opportunités de contrats de vente.
  • Anticiper les besoins en trésorerie et sécuriser la rentabilité, surtout dans un contexte où les aides publiques (découplées ou couplées) ne couvrent plus systématiquement les pertes.

Olivier Josselin commente un exemple concret dans la Marne : un groupe d’exploitations céréalières a montré que les plus économes en intrants et en mécanisation peuvent perdre en rendement mais avec des différences de coûts notables. Ces calculs sont importants car ils peuvent amener à prendre des décisions qui évitent des coûts moins visibles ou différés qui s’avèrent impactant pour la marge.

2. Passer par 3 étapes clés pour un suivi efficace

Pour maximiser l’utilité de ces indicateurs, Olivier Josselin conseille de les calculer sur un cycle complet, à trois moments stratégiques :

« C’est intéressant de se projeter dès que l’on réfléchit à l’assolement pour guider des décisions telles que le choix des cultures, les proportions pour chacune d’elles, les objectifs de rendement […] »

  1. En prévisionnel : pour guider les choix de cultures et les objectifs de rendement.
  2. En cours de campagne (fin d’hiver/début printemps) : pour ajuster les prévisions de rendement et affiner la stratégie.
  3. À la récolte : pour confronter les coûts réels aux prix du marché et vendre au mieux.

3. Optimiser les postes de coûts majeurs

  • Intrants : Les exploitations les plus performantes réduisent leurs dépenses en ajustant les quantités, en négociant les prix, ou en privilégiant des alternatives (engrais organiques, rotation des cultures).
  • Mécanisation : La saturation de l’usage des machines (location, CUMA, copropriété) et une maintenance rigoureuse permettent de limiter les coûts. Attention à l’obsolescence technologique des matériels modernes, qui peut grever les budgets si les investissements ne sont pas raisonnés !

Il faut savoir s’adapter car les systèmes collectifs requièrent aussi des efforts « L’efficacité économique passe souvent par l’aspect humain : savoir attendre, s’adapter à un collectif, ou saturer l’usage d’un outil » rappelle Olivier Josselin.

4. Surveiller son EBE

L’EBE reflète ce qui reste pour rembourser les emprunts, vivre, et investir. Si la baisse d’EBE est trop importante, il faut considérer cela comme un véritable signal d’alerte. Dans ce cas, il faut activer des leviers comme :

  • La diversification : énergies renouvelables, transformation, commercialisation, nouvelles productions ou activités.
  • L’optimisation des charges : groupements d’achat, mutualisation des équipements, recherche d’un mode de production plus résilient et économe.
  • La formation : recherche d’une meilleure efficience du système d’exploitation (agriculture de conservation des sols, bilan carbone des activités de l’exploitation …).

Conclusion : être réactif face à l’évolution de ses coûts, un impératif pour traverser la crise

Encore plus qu’en 2025, aujourd’hui, connaître ses coûts n’est pas qu’un exercice comptable : c’est un levier de survie et de performance. Les exploitants qui analysent régulièrement leurs coûts optimisent leurs intrants et leur mécanisation. Ils s’appuient sur les conseils de leur AGC afin de mieux résister aux chocs économiques.

Dans ce contexte tendu, la question n’est plus avez-vous déjà calculé vos coûts de production, mais plutôt quand l’avez-vous fait pour la dernière fois ? Car il faut avoir une vue à jour de ses propres chiffres pour faire preuve de réactivité et actionner ou ajuster les leviers adéquats pour sécuriser sa marge. Votre comptable peut vous aider à structurer vos chiffres afin de vous permettre de prendre les décisions qui correspondent à vos aspirations ; prenez contact avec votre AGC sans tarder ! Pour trouver l’AGC la plus proche de votre emplacement, consultez la carte des implantations Accompagnement Stratégie.

Retrouvez dans le site internet Perspectives Agricoles , pour les abonnés, l’intégralité de cette interview et + de contenu exclusif (ou dans le magazine: édition de décembre 2025, n°539).

Sources complémentaires :

Perspectives Agricoles n°539 : https://www.perspectives-agricoles.com/archives/nutri-check-net

AS ENTREPRISES : https://www.as-entreprises.fr/

A lire : « Changer la forme juridique de son exploitation agricole, est-ce le bon choix ? » et « Etes-vous prêt pour la Facture Electronique de septembre 2026? »