Le rapport Bournigal veut redonner du souffle à la filière agro

Le président de l’Irstea formule neuf recommandations déclinées en trois axes : préparer l’agriculture de demain, encourager l’innovation et renforcer les compétences du secteur.

Dans un document de 150 pages, Jean-Marc Bournigal, dresse une liste de pistes pour redonner du souffle à la filière et l’aider à répondre à l’ambition du projet agro-écologique souhaité par le ministère de l’Agriculture. Ses recommandations, au nombre de neuf, sont déclinées en trois axes : préparer l’agriculture de demain, encourager l’innovation et organiser son écosystème, enfin, renforcer les compétences et les moyens du secteur des agroéquipements (lire encadré).
Déjà, certaines propositions font l’unanimité. C’est le cas de la création d’un comité stratégique de filière « agroéquipements et services ». « C’est une nécessité pour inciter tous les membres du secteur, utilisateurs, distributeurs et constructeurs de machines,  à se tourner encore plus vers l’innovation», explique Patrice Durand, directeur des Entrepreneurs des Territoires (FNEDT). Pour Jean-Marc Bournigal, lui-même, une structure de ce type est d’autant plus indispensable que les métiers et les services liés aux agroéquipements souffrent d’un déficit d’image et d’un manque de visibilité. Ce comité, à l’image du Comité de filière des éco-industries (Cosei), pourrait définir des objectifs et des priorités d’actions en réunissant une vingtaine de partenaires autour d’Irstea. 
L’ère d’une agriculture robotisée et numérique 

L’émergence d’une offre française de robotique agricole paraît également séduisante à beaucoup d’acteurs de la filière. " Dans un contexte de raréfaction de la main d’œuvre mobilisable par l’agriculture, les pratiques agroécologiques qui demandent un plus grand nombre d’interventions que les pratiques traditionnelles bénéficieraient du développement de la robotique agricole et forestière ", souligne Jean-Marie Bournigal. " La robotique vise aussi à limiter l'impact des agroéquipements sur l'environnement, notamment en termes de consommation énergétique, de tassement des sols - dans le cas d’essaims de robots par exemple -, de pollutions des sols et des eaux, du fait d’une application d’intrants, fertilisants et produits phytosanitaires mieux maîtrisés ". Le président d’Irstea invite à construire une branche « agriculture » dans le plan Robotique national (Nouvelle France Industrielle) et à favoriser les transferts technologiques à partir de secteurs où la robotique est déjà très développée. Dans le domaine de l’agriculture numérique que d’aucuns voient supplanter l’agriculture de précision, l’objectif est de faire émerger rapidement une nouvelle offre nationale, voire européenne de produits et services pluri-technologiques, à forte valeur ajoutée, s’appuyant sur des ressources en « Cloud » et favorisant l’avènement de nouvelles architectures d’agroéquipements intelligents, en autonomie du tracteur. 


Ce que préconise le rapport Bournigal :

Préparer l’agriculture de demain :

  • Co-concevoir systèmes et équipements de la transition agro-écologique 
  • Développer la robotique agricole 
  • Préparer l’agriculture numérique  :

Encourager l’innovation et organiser son écosystème :

  • Clarifier l’écosystème de l’innovation 
  • Rendre l’innovation en réseau plus attractive aux acteurs de la chaîne de valeur 

Renforcer les compétences et les moyens du secteur :

  • Rapprocher la formation des besoins du secteur 
  • Structurer les moyens nationaux d’expertise et d’essais 
  • Améliorer la présence internationale 
  • Constituer un comité stratégique de filière


    (Source ACTUAGRI n°2154)